Pourquoi, sur 5 personnes qui vont goûter à la cocaïne, quatre s’arrêteront et une en deviendra dépendante ?
Le modèle bio psycho social théorisé dans les années 80 a permis d’identifier que l’association de ces trois facteurs expliquait la majorité des addictions :
– Bio : des prédispositions génétiques.
Il n’y a pas de « gènes de l’addiction » mais des vulnérabilités génétiques notamment sur les gènes qui organisent le circuit de la récompense. Tout comme la couleur des yeux ou des cheveux, c’est notre patrimoine génétique qui va décider de nous octroyer un système de la récompense parfaitement équilibré ou dégradé .
Le circuit de la récompense est là pour assurer notre survie : mon corps a besoin de se recharger en calories : j’ai faim. Je mange et j’éprouve un sentiment de satiété qui stoppe ma faim. Quand ce circuit est déréglé, j’ai faim alors que mon corps n’a pas besoin de calories et je ne m’arrête de manger que lorsque ça me rend malade.
Mais heureusement, ce n’est pas parce que tonton Raoul était alcoolique que je vais forcément, moi aussi, devenir addict..
– À cette vulnérabilité, il faut ajouter le côté Psycho :
Les traumatismes, les troubles de l’attention (TDAH), de la personnalité ou des pathologies psychiatriques créent un mal être, une douleur que la personne va chercher à soulager, à anesthésier, à dépasser.
– Social : si mon environnement familial, professionnel, culturel fait la promotion du produit qui répond à ma fragilité psychologique, et qu’en plus, j’ai une vulnérabilité génétique : bingo !
Si je suis anxieux et que le pays entier me pousse à boire l’alcool (merveilleux anxiolytique), j’explose le risque de devenir alcoolique.
Si je souffre d’un trouble de l’attention et qu’on me met de la cocaïne sous le nez qui va me calmer et m’aider à me concentrer, je peux devenir cocaïnomane.
On ne devient jamais addict par hasard.
Les malades d’addictions sont avant tout des gens qui ont souffert, et qui souffrent encore. Leur addiction leur a été utile un jour puis s’est transformée en relation toxique. Ils n’en sont pas responsables.
Une personne sur cinq qui va accrocher à la cocaïne, ça peut paraître peu. Mais vous ne savez pas à l’avance sur qui ça va tomber. Vous joueriez à la roulette russe avec une chance sur 5 de mourir ? Un conseil : n’essayez pas de savoir.

